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Les larmes de Gérard

lundi 11 février 2008

Bonjour,

En ce samedi 9 février, c’est la seconde fois que je vois le Président de l’USTKE, Gérard Jodar, pleurer et ce, en l’espace de 3 jours. La première fois, c’était jeudi dernier, le 7 février, pour son anniversaire ; il a été ému de voir la surprise que nous lui avons faite. Ce n’est toutefois pas la première ni la dernière fois qu’il fêtera son anniv sur un piquet de grève...

On avait demandé aux camarades femmes de se regrouper pour lui chanter "Joyeux anniversaire Président" et aux camarades hommes de faire une haie d’honneur avec le poing levé pour accueillir l’arrivée de Gégé : la haie d’honneur de la lutte, c’était choc ! Comme il le dit si bien : ma famille c’est aussi l’USTKE ! Ce geste l’a ému.

On a également fait une minute de silence en mémoire d’un camarade de l’énergie qui est décédé ce même jour d’une crise cardiaque au travail, à l’âge de 34 ans.

On a levé nos verres également pour un autre camarade responsable syndical dont la femme venait de donner naissance à un "futur syndicaliste".

Quoi qu’il arrive de bon ou de mauvais, notre famille (l’USTKE) traverse ces moments tous ensemble et dans la lutte...

La seconde fois que j’ai vu Gégé pleurer, c’est aujourd’hui. Sa mère est morte hier, en France, le 8 février, celle qui lui a donné la vie, celle qui a permis qu’il soit parmi nous, ici en Kanaky. Gégé n’a pu retenir ses larmes, il a une fois de plus été ému quand le vieux P., qui fait partie des anciens du syndicat, lui a présenté notre "Coutume", témoignage de nos condoléances et de notre soutien dans ce moment de chagrin que nous partageons tous. L’émotion était grande pour tous surtout quand Gégé a retracé la vie de sa mère, de cette famille qui a toujours été militante, dont le grand père était à la CGT et de qui il détenait ce militantisme.

Mais ce qui me pousse une fois de plus à témoigner, c’est pour dire l’admiration que j’ai pour notre Président ; quand il a remercié le geste Coutumier, il n’a pas arrêté de s’excuser de pleurer, d’être ainsi, faible (tout le monde le sait : la douleur est humaine et normale). C’est son militantisme et sa force de lutte qui parlait ainsi. JE SUIS FIERE D’AVOIR CE MONSIEUR COMME PRESIDENT DE L’USTKE !

Mon témoignage c’est aussi pour dénoncer l’attitude du procureur. Gégé a demandé à notre avocat s’il pouvait se rendre en France enterrer sa maman. L’avocat a fait la demande au procureur qui a répondu qu’il voulait une attestation sur l’honneur que sa mère était belle et bien décédée et une attestation qu’à son retour de France, Gégé se présente au commissariat, pour être entendu. Jusque quand va-t-on ainsi l’emmerder !!! Il ne souffre pas assez !

Je ne leur souhaite pas ce qu’endure actuellement Gégé et les familles des camarades emprisonnés ainsi que les responsables syndicaux (tous loin de leurs familles, terrés au syndicat) et ce, depuis le 16 janvier dernier.

Gégé se terre au syndicat, loin de sa femme et de ses enfants et là, sa famille en France a besoin de lui ; il ne peut même pas enterrer ses morts comme il le faut, ce n’est pas une vie !

Une phrase qui m’a marquée de la part de Gégé c’est : "si je ne peux pas me rendre en France maintenant, pour l’enterrement, j’irai voir ma mère après, et je serai fier de la voir une fois le conflit gagné. D’ailleurs, je pense que c’est ce que souhaiterait ma mère qui doit être parmi nous à cet instant."

La roue tourne, tôt ou tard, ils paieront pour toute cette injustice, le procureur, la police, le GIPN, la Province Sud et tout ce foutu gouvernement...

Bien à toi,

Y.

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