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USTKE. Gérard Jodar sera fixé sur son sort le 14 janvier

jeudi 7 janvier 2010

Par Rfo.fr (avec AFP), le 07/01/2010

La cour d’appel de Nouméa a mis en délibéré au 14 janvier sa décision sur la demande de remise en liberté du président de l’USTKE, Gérard Jodar.

Cette demande a été examinée jeudi en présence de l’eurodéputé écologiste, José Bové, proche du syndicat.

Gérard Jodar, 58 ans, président du syndicat indépendantiste USTKE (Union syndicale des travailleurs kanaks et des exploités), a été condamné à un an de prison ferme le 29 juin 2009 pour entrave à la circulation d’un avion, à la suite d’une manifestation dans le cadre d’un conflit à la compagnie locale Aircal, qui avait donné lieu à des échauffourées.

Sa peine a été ramenée à neuf mois en appel en septembre dernier, à l’instar de celle de deux ses collègues, Michel Safoka et Ato Uveakovi, sanctionnés pour les mêmes faits. Tous se sont pourvus en cassation.

Cour européenne des droits de l’homme

A la barre, M. Jodar, dont l’incarcération avait provoqué une flambée de violence en août dernier sur le Caillou, a déclaré qu’il n’était "ni un bandit, ni un délinquant mais un militant".

Il a en outre annoncé son intention d’aller "jusqu’à la Cour européenne des droits de l’homme", dénonçant les conditions d’incarcération à la prison dite du Camp Est, au rang des plus vétustes et des plus surpeuplées de France.

A l’invitation d’un Collectif, initié par l’USTKE, une délégation d’élus écologistes, emmenée par le député européen José Bové, est actuellement en Nouvelle-Calédonie.

Ils réclament la libération des syndicalistes et ont fustigé "l’indignité" du Camp Est, qu’ils ont visité mercredi. Plus de 420 détenus sont incarcérés dans cet établissement qui ne compte que 192 places.

Pour motiver sa demande de mise en liberté, M. Jodar a fait valoir sa situation familiale avec "une épouse sans revenu, un frère handicapé à charge et mourant, ainsi que deux jeunes enfants perturbés".

Condamné pour faits similaires et dispensé de peine

Le leader syndical a écarté le risque de nouvelles infractions, déclarant au président Jean-Louis Thiolet que le conflit à Aircal était terminé. L’avocat général a requis le rejet des demandes de mise en liberté, faisant notamment état des condamnations antérieures des prévenus.

Leur avocate, Cécile Moresco a mis en cause la sévérité de la justice calédonienne à l’égard des syndicalistes comparée à la Métropole.

A l’issue de l’audience, José Bové a déclaré qu’il avait lui-même été condamné à deux reprises pour entrave à la circulation d’un aéronef. "En 1992, j’ai empêché Lionel Jospin, alors ministre, d’atterrir sur le Larzac. J’ai eu 1.000 francs d’amende. En 1995, j’avais pénétré sur le tarmac à Tahiti lors de la reprise des essais nucléaires. J’ai été condamné mais dispensé de peine", a affirmé l’altermondialiste.

L’USTKE toujours mobilisée

Dans un communiqué publié jeudi, l’USTKE dresse un bilan plutôt sombre pour ses militants de l’année écoulée. Le syndicat dénonce « le pouvoir colonial », responsable d’« une expérience unique dans l’histoire de notre Pays avec la criminalisation sans réserve d’un syndicalisme de terrain, engagé, qui dérange ».

L’organisation fustige également « la classe politique locale qui dans sa grande majorité est devenue le relais des intérêts des multinationales qui sont légions sur notre sol depuis les derniers accords politiques », et appelle à la mobilisation « pour la libération de nos camarades et contre les conditions de détention ».

http://nouvellecaledonie.rfo.fr/

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