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"Les Nouvelles-Calédoniennes" 21/12/2009

Nouméa : Frères et amis de détenus défilent en silence

jeudi 24 décembre 2009

Une centaine de personnes, essentiellement des proches de détenus, ont répondu à l’appel du collectif du Fack, Frères et amis du collectif de Koutio, samedi. Le cortège silencieux n’a finalement pas été reçu au haussariat et s’est dispersé dans le calme devant les grilles du Camp-Est.

En tête du cortège, deux enfants brandissent une banderole du Fack pour « Frères et amis du collectif de Koutio ». Derrière eux, une centaine de personnes, soixante-dix selon la police, défilent silencieusement dans les rues du centre-ville. Des pères, des épouses, des enfants, des sœurs et des frères, des militants USTKE ou de simples quidams venus gonfler les rangs de cette marche symbolique en soutien aux syndicalistes emprisonnés, qui s’est tenue sans incident.

« Conflit Aircal fini ! Protocole signé ! Libérez nos frères ! Nos papas avant les fêtes ! » « Pour le respect et la dignité des détenus et de leurs droits », peut-on lire entre autres sur les banderoles. Le collectif se dirige ensuite vers le haussariat dans l’espoir qu’une délégation d’enfants de détenus soit reçue. Il est accueilli par les gendarmes mobiles. Personne ne les recevra. Le collectif remet donc un cahier de doléances demandant d’une part la libération des syndicalistes et des « jeunes des quartiers » emprisonnés depuis les affrontements du mois d’août, et d’autre part l’amélioration des conditions de vie au Camp-Est.

« Ils doivent payer une location pour avoir une télévision et un ventilateur. Celui qui n’a pas d’argent meurt en prison. »

Dans les rangs des manifestants, Rose-May, épouse de Gérard Jodar, président de l’USTKE. « Je fais partie de ces familles dont le papa est au Camp-Est. Le but est de demander leur libération et de dénoncer leurs conditions de détention car c’est une horreur : ils sont parqués à l’intérieur, il fait 35 à 40°C, les cellules ne sont pas isolées. Ils doivent payer une location pour avoir une télévision et un ventilateur. Celui qui n’a pas d’argent meurt en prison. Les prisonniers n’ont aucun droit », dénonce-t-elle. Les syndicalistes condamnés à la suite des événements d’Aircal ont fait une demande de libération conditionnelle. Celle de Gérard Jodar pourrait intervenir le 18 janvier.

Malou, une jeune femme, porte dans ses bras sa nièce, dont le papa est au Camp-Est. « C’est dur, il se contente de voir sa fille au parloir. Elle a un an et demi. Si nous sommes là, c’est pour dire à la justice de les libérer avant les fêtes car les enfants aussi ont besoin de leur papa. » Seiko connaît lui aussi les conditions de détention. C’était il y a plus de vingt ans, à l’époque des Foulards rouges. « Il y a des gens qui détournent des millions et qui ne sont pas inquiétés alors que des jeunes à nous sur des barrages, on les arrête et on les met de l’autre côté », estime le militant. En fin de matinée, le cortège s’est rassemblé devant les grilles du Camp-Est où le président du collectif, Joe Macane, et le secrétaire général, Nuka Vakalepu, ont adressé un dernier message de soutien à leurs frères et amis, détenus au Camp-Est.

Géraldine Pion

(source : http://www.info.lnc.nc/)

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