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Procès des marins STC à Marseille

lundi 23 novembre 2009

Le 27 septembre 2005, en plein conflit social entre la direction de la Société nationale Corse Méditerranée (SNCM) et ses salariés, une quarantaine de marins corses avaient pris possession du ferry Pascal-Paoli, amarré à Marseille, et avaient fait route vers Bastia.

Jeudi 19 et vendredi 20 novembre 2009, leur leader, Alain Mosconi a comparu avec trois autres marins - Patrick et Jean-Marc Mosconi, ses deux frères, ainsi que Félix Dagregorio - devant le tribunal correctionnel de Marseille pour "séquestration et usurpation de commandement".

Une délégation de l’USTKE a fait le déplacement à Marseille et était présente pendant ces deux jours de procès, en soutien aux marins du STC.

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Détournement du Pascal-Paoli : prison avec sursis requise contre les marins corses

De Anne-Sophie LABADIE (AFP)

MARSEILLE — Des peines allant jusqu’à deux ans de prison avec sursis ont été requises vendredi à l’encontre de quatre marins corses jugés devant le tribunal correctionnel de Marseille pour avoir participé au détournement du navire Pascal-Paoli en 2005, loin des 30 ans initialement encourus.

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Sous haute protection policière, Alain Mosconi, secrétaire national maritime du Syndicat des Travailleurs corses (STC) au moment des faits, ses frères Patrick et Jean-Marc ainsi que Félix Dagregorio, étaient jugés pour s’être emparés du cargo mixte le 27 septembre 2005 dans le port de Marseille, alors paralysé par une grève initiée par la CGT contre la privatisation de la Société nationale Corse Méditerranée (SNCM).

Poursuivis pour usurpation de commandement et séquestration de personnes, ils encourent dix ans de prison.

Le procureur Michel Raffin a requis deux ans de prison avec sursis à l’encontre d’Alain Mosconi et Félix Dagregorio, et 18 mois avec sursis contre Patrick et Jean-Marc Mosconi.

"Il s’agissait d’une action symbolique, mais vous le savez, le symbole n’est pas admis par la loi pénale comme une excuse absolue", a-t-il dit.

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A l’issue de l’audience, Alain Mosconi a exprimé son soulagement : "Depuis quatre ans, nous étions quatre criminels qui risquions 30 ans, hier nous en risquions 10 et aujourd’hui deux : même si ça reste lourd, on est loin du point de départ et nous espérons que les juges entendront nos arguments pour la relaxe".

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Mis en examen pour détournement de navire, les quatre hommes risquaient les assises et 30 ans de réclusion, mais le chef d’accusation a été abandonné en cours d’instruction. La SNCM avait rapidement retiré sa plainte et jeudi le président de la sixième chambre correctionnelle Vincent Turbeaux a indiqué que les faits de séquestration pourraient être requalifiés en menaces sous condition, passibles de trois ans.

Le tribunal est revenu sur le contexte social tendu au moment de cette traversée rocambolesque d’une quarantaine de manifestants entre Marseille et Bastia, qui s’était soldée par une intervention du groupe d’intervention de la gendarmerie nationale. Et face aux témoignages en demi-teinte du commandant et du chef mécanicien, restés à bord, les faits de séquestration n’ont pas clairement été démontrés. Tous deux sont par ailleurs restés vagues sur les menaces verbales reçues.

Pour la défense, l’intrusion du politique dans ce dossier est évidente.

"Les images diffusées en boucle sur les télés du monde d’un bateau battant pavillon corse filant libre sur la Méditerranée, ont été ressenties par le gouvernement et l’Etat comme un affront, et la réponse a été cinglante", a jugé lors de sa plaidoirie Maître Rosa Prosperi, avocate des quatre prévenus.

"Pourquoi quatre, alors que plusieurs dizaines de personnes participaient à cette action collective ?", s’est-elle interrogée.

"En les condamnant, vous offririez sur un plateau à la SNCM la possibilité de licencier quatre marins syndiqués qui gênent", a affirmé Me Aimée Mamberti, évoquant "l’élimination politique" d’Alain Mosconi, candidat aux européennes sur la liste Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) dans le sud-est.

Seule partie civile dans ce dossier, l’Association française des capitaines de navires a demandé un euro symbolique de dommages et intérêts.

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Le leader du NPA Olivier Besancenot est venu soutenir les prévenus. "C’est rare qu’on ait le sourire devant un tribunal (...) Les pouvoirs publics ont fait marche arrière, car la lutte était légitime," a-t-il estimé, devant le palais de justice.

Le jugement est attendu le 2 décembre.

Copyright © 2009 AFP.

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