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Le Point, mardi 25 août

Gérard Jodar reste en prison

mardi 25 août 2009

Publié le 25/08/2009 à 14:46 Le Point.fr

NOUVELLE-CALÉDONIE

Le syndicaliste Gérard Jodar reste en prison

Avec AFP

Gérard Jodar, président du syndicat indépendantiste calédonien USTKE (Union syndicale des travailleurs kanaks et des exploités), reste en détention. Sa demande de libération a été refusée mardi par la cour d’appel de Nouméa, qui a mis son jugement en délibéré pour une opération menée sur un aéroport au 15 septembre. Une aggravation - d’un an à 15 mois de prison ferme - de la peine prononcée le 29 juin contre le responsable syndicaliste a par ailleurs été requise par l’avocat général Jean-Louis Pagnon pour "entrave à la navigation ou la circulation d’aéronef". L’audience d’appel s’est déroulée sans incident alors que dès le début de la journée, des militants de l’USTKE s’étaient rassemblés dans le calme à proximité du palais de justice.

Les faits remontent au 28 mai : plusieurs centaines de militants USTKE ont envahi l’aérodrome domestique de Magenta. Certains, dont Gérard Jodar, sont montés à bord de deux appareils de la compagnie Aircal, qui ont été endommagés. Des échauffourées ont opposé forces de l’ordre et manifestants. Le licenciement, jugé abusif par l’USTKE, d’une employée de la compagnie aérienne était à l’origine du conflit , qui a par ailleurs suscité des violences et des affrontements début août en Nouvelle-Calédonie. Un conflit théoriquement terminé depuis la signature d’un protocole d’accord le 6 août dernier. D’imposantes forces de police ont été déployées autour du tribunal pour contenir tout débordement éventuel des quelque 200 sympathisants qui pique-niquaient sous des tentes blanches installées pour les protéger du soleil.

"Quand je vais sortir, je serai encore plus fort que je ne l’ai jamais été", a lancé Gérard Jodar, vêtu d’un tee-shirt blanc au dos duquel on pouvait lire "libérez nos camarades syndicalistes", et portant un keffieh noir et blanc. Keffieh également et tee-shirts rouges pour les cinq autres syndicalistes calédoniens qui comparaissaient détenus, comme lui, et se sont vu aussi refuser leur mise en liberté. Vingt-deux autres comparaissaient libres.

Rocard appelle à l’apaisement

Cependant, les emprisonnements concernaient des condamnations préalables pour d’autres opérations syndicales accompagnées de désordres, pour lesquelles les sursis étaient tombés en raison du verdict du 29 juin. Gérard Jodar a aussitôt fait l’objet d’un mandat de dépôt. "Il n’est pas question que l’État permette à M. Jodar et ses amis de ramener le territoire à la situation dans laquelle il se trouvait en 1984", a lancé Jean-Louis Pagnon, en allusion à la période la plus aiguë des violences entre communautés en Nouvelle-Calédonie, avant la pacification née des accords de Matignon, en 1988.

Premier ministre au moment de ces accords, Michel Rocard (PS) a, à Paris, appelé les juges de Gérard Jodar à faire preuve d’un "souci de compréhension".

L’avocat des prévenus, Laurent Aguila, a livré un plaidoyer très politique et a insisté sur les inégalités sociales dans ce territoire français du Pacifique. "L’État veut la tête de Gérard Jodar", a-t-il proclamé, mettant directement en cause le haut-commissaire Yves Dassonville pour les interventions très fermes des forces de l’ordre lors des affrontements de début août.

Des observateurs ont mis en rapport la sévérité des réquisitions de l’avocat général et la réputation de mansuétude qui s’attache à la cour d’appel de Nouméa. Le maintien en détention du président de l’USTKE intervient dans un contexte social tendu en Nouvelle-Calédonie. Samedi, plus d’un millier de personnes ont défilé dans le calme à Nouméa pour demander la libération des syndicalistes. Deuxième syndicat de Nouvelle-Calédonie, l’USTKE est une organisation indépendantiste créée au début des années 1980 . Il a récemment créé le Parti travailliste, qui a obtenu trois élus au Congrès lors des élections territoriales de mai. L’USTKE est controversée au sein de l’opinion publique calédonienne en raison de ses actions souvent "musclées".

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